
La Chine a inventé très tôt l'élevage des vers à soie, le dévidage des cocons et le tissage des soieries. On disait que Leizu, l'épouse de l'empereur Huangdi élevait elle-même des vers. Les recherches des archéologues ont prouvé que le travail de la soie était connu depuis longtemps en Chine. Des débris de cocons trouvés sur un site néolithique, dans le village de Xiyin, au Shanxi, montrent que les habitants de la région du Fleuve Jaune connaissaient déjà cet élevage. Des sculptures en jade représentant des vers à soie et des écailles de tortues gravées des mots “vers à soie”, “mûrier” et“ soie” remontent à l'époque des Shang(environ 21e—16e siècle av. J.-C.). De cette époque, des lambeaux de tissus, restés accrochés à des objets de bronze et à des armes retrouvés dans des tombeaux, mettent en évidence une technique de tissage déjà très complexe.
| |
|
Les pieds bandés des fillettes de Chine
Pendant plus de 1 000 ans, les mères chinoises ont enveloppé les pieds de leurs filles de bandages serrés afin de les rendre aussi petits que possible. Ces pieds déformés ont longtemps symbolisé pour l'occident la barbarie et l'exotisme chinois. Cette mode a fait son apparition en Chine en l'an 950 de notre ère. La taille du pied est un élément essentiel de la beauté. Les petits souliers deviennent un véritable critère standard de beauté. Le pied est, en Chine, la partie du corps la plus érotique. Piété familiale et prestige Partie du harem impérial, la mode du petit pied gagne progressivement toutes les classes sociales. Cette pratique semble s'être généralisée à la fin du XIe siècle. Les femmes perpétuent cette tradition de génération en génération.
L'éducation chinoise favorise surtout la soumission et au conformisme social. De plus, peu à peu, les chinois sont persuadés que de cette atrophie dépend le prestige de la famille. A leurs yeux, une jeune fille qui n'a pas de petits pieds ne pourra jamais trouver un mari qui fasse honneur à sa famille.
On peut également y voir un moyen de restreindre la liberté des femmes car, devenues adultes, |

Pendant plus de 1 000 ans, les mères chinoises ont enveloppé les pieds de leurs filles de bandages serrés afin de les rendre aussi petits que possible.
Ces pieds déformés ont longtemps symbolisé pour l'Occident la barbarie et l'exotisme chinois.
Cette mode a fait son apparition en Chine en l'an 950 de notre ère.
Une déformation à vie
L'idéal est que le pied mesure 15 cm. Cette perfection est rare et donc très recherchée. La jeune fille qui possède cet atout fera un riche mariage.
La réussite dépend de l'âge auquel la mère a commencé à bander les pieds de sa fille ainsi que des massages des articulations du pied.
Il est impératif de commencer avant l'âge de 8 ans. Ainsi, il n'est pas rare que le bandage commence dès la quatrième année.
Le bandage se porte jour et nuit.
La déformation la plus courante consiste à replier progressivement les derniers quatre doigts de pied sous le gros orteil.
Puis, il faut le raccourcir en accentuant la courbure de la voûte plantaire avec un objet cylindrique qui la comprime.
Il est évident que cette mode a infligé pendant 1 000 ans aux fillettes des douleurs difficilement tolérables.
Les édits impériaux de 1902 interdisent la déformation des pieds. Mais, il faudra attendre 1911 et la naissance de la République pour que des mesures efficaces soient prises.